2 – 5 avril 2026 : Triduum Pascal

La royauté cachée du Christ, célébrée à Beauchêne pendant le Triduum

Monseigneur Guy Harpigny guide les fidèles à travers la Passion et la Résurrection, invitant à vivre et témoigner de la lumière transformatrice de Pâques.

Beauchêne – 2 au 5 avril 2026 – Bougies et encens emplissaient le sanctuaire de Notre-Dame de Beauchêne et de la Divine Miséricorde, tandis que des fidèles rassemblés au sanctuaire participaient au Triduum, derniers jours de la Semaine Sainte. Au cœur des célébrations, Monseigneur Guy Harpigny, ancien évêque de Tournai, a accompagné les participants dans une méditation profonde sur la Passion et la Résurrection, entre recueillement, prière et espérance.

Le Triduum a débuté par la messe du Jeudi Saint, un moment de prière communautaire, de service et d’humilité. Les fidèles ont participé au rite du lavement des pieds, incarnant l’exemple du Christ, qui appelle ses disciples à se servir mutuellement. Cette première célébration a donné le ton des jours à venir : une préparation spirituelle pour entrer plus profondément dans le mystère de la Passion du Christ.

En entrant dans le Vendredi Saint, le sanctuaire est tombé dans un silence solennel, préparant les fidèles à la méditation de la Passion du Christ. Lors de la vénération de la Croix, Monseigneur Harpigny a invité l’assemblée à contempler un paradoxe profond : Celui qui est condamné comme criminel est, en réalité, révélé comme Roi.

Prêchant sur la Passion, l’évêque a réfléchi aux différents personnages du récit évangélique – des autorités politiques et soldats aux rares disciples fidèles. Une attention particulière a été accordée à Joseph d’Arimathie et Nicodème, dont la préparation attentive du corps de Jésus, a-t-il souligné, contraste vivement avec la manière dont il a été exécuté.

Citant l’Évangile selon saint Jean, Monseigneur Harpigny a mis en lumière la grande quantité d’épices apportées pour l’ensevelissement, l’utilisation d’un tombeau neuf et le soin respectueux apporté au corps. « Ces éléments, a-t-il dit, conviennent davantage à un enterrement royal qu’à celui d’un condamné. Ce détail n’est pas insignifiant. » L’Évangile, a-t-il insisté, affirme discrètement la royauté du Christ, même dans ce qui semble être une défaite.

L’évêque a encouragé les fidèles à se considérer comme des témoins actifs de ce mystère, proclamant par leur vie que celui qui a été rejeté et crucifié est véritablement Roi. Il a également évoqué l’épisode post-résurrectionnel où Jésus envoie Marie-Madeleine annoncer la nouvelle à « mes frères », soulignant la relation transformée que la Résurrection instaure. «Celui qui a été traité comme un criminel et qui est révélé comme roi appelle désormais ses disciples, ses frères », a-t-il affirmé, invitant chacun à participer activement à ce récit en cours.

Le Triduum s’est achevé par la Vigile Pascale, au cours de laquelle Monseigneur Harpigny a centré son homélie sur le pouvoir transformatif de la Résurrection. Le passage des ténèbres à la lumière reflétait l’histoire du Salut, de la libération d’Israël à la nouvelle vie offerte par le Christ.

Il a insisté sur le fait que la Résurrection est un événement décisif et vivant, dont les premiers témoins ont été les femmes au tombeau. Le tombeau ouvert et l’annonce de l’ange signifient une réalité radicalement nouvelle : l’aube d’une création nouvelle. Le cierge pascal, allumé pour marquer la vigile, symbolisait ce monde transformé, tandis que le baptême et l’Eucharistie invitent les fidèles à entrer pleinement dans cette nouvelle vie offerte par le Christ.

Monseigneur Harpigny a rappelé aux fidèles que Pâques n’est pas seulement le souvenir d’événements passés, mais une réalité présente, appelant les chrétiens à vivre et à partager la joie de la Résurrection. Par l’amour, le témoignage et la mission, les croyants participent à l’histoire continue de la vie, de la mort et du triomphe du Christ.

Alors que les hymnes résonnaient et que les bougies scintillaient dans le sanctuaire, les fidèles quittaient le lieu avec le cœur porté et un sentiment renouvelé de mission. Ce Triduum à Beauchêne, guidé par Monseigneur Harpigny, a offert bien plus qu’une simple observance rituelle : il a été un témoignage vivant de foi, de dévotion et du message durable que, dans les moments les plus sombres, la royauté du Christ et la promesse de la vie nouvelle brillent le plus. En repartant, les fidèles emportaient avec eux l’appel à témoigner de cette lumière transformatrice dans leur vie quotidienne.

Frère Hareld Olita, CRL

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