Une vocation vécue au présent : quatre frères renouvellent leur « oui » à Beauchêne
Au sanctuaire Notre-Dame de Beauchêne et de la Divine Miséricorde, le dimanche 23 août a été marqué par une célébration empreinte de solennité, de joie et d’espérance. Trois frères y ont prononcé leurs vœux religieux perpétuels, tandis qu’un quatrième a renouvelé ses engagements, donnant ainsi à la communauté réunie un témoignage concret de fidélité et de don de soi.
Au cours de la messe, les Frères Marlon Santito, Reynaldo Sidayon et Hareld Olita ont fait leur profession solennelle des vœux religieux. Le Frère Phillip Andrew Mimay a, quant à lui, renouvelé ses vœux.
Les engagements ont été reçus par le Père Provincial Paul Pawlak, CRL, en présence du Père Mario Tadeu Paulino, CRL, Vicaire général de la Congrégation. La célébration était également présidée par Mgr Alain Castet, évêque émérite de Luçon et familier de la Congrégation, qui a prononcé l’homélie.
Être présents comme témoins
Dans son homélie, Mgr Castet a invité l’assemblée à considérer autrement sa présence à cette célébration. Les fidèles et les membres de la communauté n’étaient pas simplement là pour « participer » à un événement liturgique : ils étaient avant tout témoins.
Cette distinction donne à la profession religieuse toute sa dimension ecclésiale. Les vœux ne sont pas prononcés dans le secret d’une relation individuelle entre le religieux et Dieu. Ils sont exprimés publiquement devant l’Église, qui les accueille, les accompagne et en devient témoin.
Le témoignage prend ainsi une importance particulière. Dans un monde où les engagements peuvent parfois sembler fragiles et provisoires, le choix de consacrer toute sa vie au Christ constitue un signe visible d’une vérité vécue et assumée.
À travers la profession de ces trois frères et le renouvellement des vœux du Frère Phillip Andrew, l’assemblée était donc appelée à regarder non seulement une cérémonie, mais une vie donnée.
« Vivre dans le présent »
Au cœur de son message, Mgr Castet a également proposé aux frères une réflexion simple et profonde sur la persévérance dans la vie religieuse : vivre dans le présent.
Pour persévérer dans sa vocation, il faut savoir se détacher d’un passé qui n’existe plus et ne pas chercher à vivre à l’avance un avenir qui n’existe pas encore. La seule réalité véritablement accessible est celle du moment présent.
Le passé peut porter son lot de souvenirs, de réussites, de blessures ou de difficultés, mais il ne peut plus être modifié. De même, l’avenir peut susciter des projets et des inquiétudes, mais il demeure hors de notre possession. Il reste alors aujourd’hui.
C’est dans le présent que se vit la fidélité. C’est aujourd’hui que le religieux choisit de nouveau de répondre à l’appel reçu. C’est aujourd’hui qu’il peut recommencer, avancer, servir et aimer.
Mgr Castet a ainsi encouragé les frères à savoir, chaque jour, remettre les compteurs à zéro : ne pas rester prisonniers de ce qui a été et ne pas se laisser absorber par ce qui pourrait être, mais accueillir avec confiance la grâce du jour présent.
Un « oui » qui se renouvelle chaque jour
Cette invitation prend une résonance particulière lors d’une profession religieuse. Prononcer des vœux solennels, c’est s’engager pour toute la vie. Mais cette promesse, aussi définitive soit-elle, se vit concrètement dans une succession de journées ordinaires.
La persévérance n’est donc pas seulement une question de durée. Elle est une fidélité renouvelée jour après jour.
Le « oui » prononcé lors de la profession trouve sa véritable expression dans les choix quotidiens : dans la prière, la vie fraternelle, le service, les responsabilités, les difficultés et les joies de chaque jour.
Pour les Frères Marlon, Reynaldo et Hareld, le 23 août a marqué ainsi une étape majeure de leur chemin vocationnel. Pour le Frère Phillip Andrew, le renouvellement de ses vœux devient un nouveau rappel de cet engagement. Mais pour chacun d’eux, le véritable défi commence dans le quotidien.
Un témoignage pour toute l’Église
La célébration de Beauchêne aura donc été bien plus qu’un moment solennel dans la vie de la Congrégation. Elle aura été un témoignage offert à toute l’Église.
À travers ces quatre religieux, une communauté entière a été invitée à redécouvrir la beauté d’un engagement fidèle et la force d’un « oui » donné à Dieu.
Dans le silence du sanctuaire Notre-Dame de Beauchêne et de la Divine Miséricorde, les paroles de l’homélie de Mgr Castet peuvent finalement se résumer en une invitation aussi simple qu’exigeante : ne pas vivre dans un passé qui n’est plus, ne pas s’inquiéter d’un avenir qui n’est pas encore là, mais accueillir pleinement le présent.
Car c’est aujourd’hui que se vit la vocation.
C’est aujourd’hui que se renouvelle le « oui ».
Et c’est aujourd’hui, une nouvelle fois, que commence le chemin de la fidélité.
Frère Hareld Olita, CRL


